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| Retour sur la Coupe de France 1978 |
6 mai 2009 | Football francais |
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Dominique Mahé  |
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Le 13 mai 1978, au Parc des Princes, l’ASNL décrochait le premier titre majeur de son histoire, en battant (1-0) l’OGC Nice, en finale de la Coupe de France, sur un but de Michel Platini. Trente ans après, Olivier Rouyer, supporter parmi les supporters, garde un souvenir inoubliable de cette magistrale épopée.
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La Coupe de France est nôtre. Entre 1978 et 1979, elle a séjourné en Forêt de Haye et le club au chardon en a conçu une légitime fierté. Le nom de l’AS Nancy-Lorraine figure à jamais sur le socle du majestueux trophée de la fédération française. L’instant présent suscite moins la question de savoir à quel moment pareil honneur fera à nouveau frissonner Marcel-Picot d’allégresse, que le bonheur de rappeler l’image d’une belle et émouvante nuit parisienne.
Etiez-vous, comme nous, au Parc des Princes, ce 13 mai 1978 ? Avez-vous senti votre poitrine battre très fort lorsque Michel Platini, jeune prodige à qui l’ASNL sait bien tout ce qu’elle doit, brandit, en se tournant vers le peuple lorrain ayant fait mouvement vers la capitale, la Coupe de France que venait de lui tendre le Président de la République, Valéry Giscard d’Estaing ? « Je garde ce moment au plus profond de moi et il ne s’effacera jamais, savoure Olivier Rouyer. Pourtant, je me rappelle que tous les joueurs ont été empêchés d’accéder à la tribune présidentielle, en raison de mesures de sécurité qui ont depuis lors disparu. Ce fut une énorme frustration.»

Nice est le finaliste préféré des Nancéiens. Les Aiglons vont régulièrement au tapis et, sauf le respect qui leur est dû, il n’est personne, ici, pour s’en plaindre. L’OGCN terrassé en finale de la Coupe de France 78 puis en finale de la Coupe de la Ligue 2006 est voué, bon gré mal gré, à hisser Nancy au pinacle. Le trentième anniversaire de la victoire des joueurs d’Antoine Redin est un clin d’œil à l’enthousiasme juvénile. Le Lycée Papillon a sorti ses chrysalides pour en faire de fiers envahisseurs d’un Parc des Princes chaviré d’ivresse lorsque Michel Platini, à la 57e minute, battit Dominique Baratelli d’un poteau rentrant.
La Rouye est fidèle
« Ce stade rouge et blanc, c’était hallucinant », aime à dire Olivier Rouyer. Le gosse de Saint-Max, dix-sept fois international, a porté les maillots de Strasbourg et Lyon (sans oublier Chaumont), mais le seul qui pende au balcon de ses émotions, c’est celui de l’AS Nancy-Lorraine. « Nancy, c’est Nancy et je ne le cache jamais, dit-il. Je suis connu pour mes sentiments.» De tous ceux qui ont revêtu la tunique au chardon, Olivier est le plus fidèle et le parcours qui fut le sien ajoute au prestige du club de ses débuts où il est devenu le meilleur ami de Michel Platini. Aujourd’hui encore, La Rouye promène sa nonchalance débonnaire au côté du président de l’UEFA qui aime sûrement la rigolade autant que les discours officiels !
La demi-finale retour contre Sochaux (5-0), trois jours seulement avant la finale de la Porte de Saint-Cloud, restera l’un des temps forts des 40 ans de carrière de l’ASNL, au même titre que l’écrasant succès des Lorrains au stade du Ray (7-3) ou que la formidable victoire de l’équipe du président Claude Cuny devant Saint-Etienne (2-0) sous le regard de 30 384 spectateurs, record d’affluence au stade Marcel-Picot.

Le salut des pionniers
Olivier Rouyer y avait été somptueux. L’une de ses prestations les plus brillantes. « La Coupe de France est plus grande que tout, témoigne t-il. C’est une épreuve que tout le monde voudrait remporter et nous, les morveux de l’ASNL, on est allé la chercher. A ce jour, la Coupe de France reste mon unique trophée.» Nancy a éliminé successivement Vauban, Saint-Brieuc, Martigues, Valenciennes et Sochaux pour aboutir à l’honneur suprême de terrasser Nice et d’embrasser l’Europe.
De Moutier à Chebel, en passant par Curbelo, Rubio et Jeannol, les Nancéiens de 1978 ont été les pionniers. La reconnaissance éternelle de l’ASNL leur est acquise. Ils ont tracé le sillon où, par-delà troubles, tumultes et vicissitudes, s’est engagé le club du président Jacques Rousselot. « Il est difficile de comparer les époques et surtout les formes de jeu, analyse Olivier Rouyer devenu consultant pour Canal Plus. De notre temps, le football allait moins vite, et je ne suis pas loin de penser que la meilleure équipe de toutes, c’est celle d’aujourd’hui.»
Venant de quelqu’un comme La Rouye, le compliment a sa pertinence. Il ira sûrement droit au cœur de Pablo Correa et des équipiers de Gennaro Bracigliano. Messieurs les joueurs de 2008, vous êtes les héritiers des héros du 13 mai 1978. Soyez conscients de ce que vous leur devez, sachez ce qu’ils attendent de vous !
Christian Portelance, Journaliste, auteur de AS Nancy-Lorraine, des épopées et des hommes (éditions Alan Sutton)
Marc Vautrin : « Ce but de Michel ! »
Journaliste à L’Est Républicain, Marc Vautrin assurait la chronique du football professionnel durant les années 70-80. Il était « l’homme de l’ASNL », et bien sûr, il était au Parc des Princes pour la finale de la Coupe de France. « Le souvenir que j’ai de cette soirée, note celui qui, retraité, ne rate pas un match à Marcel-Picot où il pige toujours pour France-Football, c’est le but de Michel. Je n’en ai pas d’autre. »
Marc Vautrin était proche de Michel Platini qui appréciait sa discrétion. « Ce but, ce fut celui d’un renard, celui du malin qui parvient à placer son ballon dans un trou de souris. » Pour le reporter nancéien, « l’ASNL 1978 avait du potentiel, et pourtant je ne voudrais pas oublier de rendre hommage à celle qui est arrivée derrière, avec de très bons footballeurs comme Umpierrez et Zénier. »
Trente ans plus tard, Marc Vautrin demeure persuadé que l’AS Nancy-Lorraine était en mesure, cette année-là, de remporter la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupes, « puisqu’elle s’est fait bêtement éliminer par le Servette de Genève qui est allé jusqu’au bout de l’épreuve ! », regrette le journaliste pour qui les grands noms de l’histoire de Nancy-Lorraine sont, outre Michel Platini, Florès, Curbelo, Rubio, Rouyer, Umpierrez, Jeannol, Kim. Et Cascarino ? « Oui bien sûr, concède Marc, mais à Nancy, Tony était en fin de carrière. » Ch. P.
La feuille de match
Nancy-Nice: 1-0 Samedi 13 mai 1978 au Parc des Princes (45 998 spectateurs).
But: Platini (57') pour Nancy
Avertissements: Curbelo (10'), Neubert (14'), Chebel (77') pour Nancy. Katalinski (12'), Barraja (84') pour Nice.
Nancy: Moutier, Perdriau (Raczinski, 79'), Neubert, Curbelo, Cloet, Caron, Jeannol, Rubio, Rouyer, Platini & Chebel. Entraîneur: Redin. Nice: Baratelli, Morabito, Zambelli, Katalinski, Barraja, Cappadona (Toko, 75'), Guillou, Jouve, Huck, Bjekovic & Sanchez. Entraîneur: Rossi.
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